vendredi 20 décembre 2013

Pourquoi -pour une fois au moins- nous pouvons être fiers de la France




Au Quai d'Orsay, dans le bureau du ministre des Affaires Etrangères


On aura beau nous dire que rien ne va, que le pays sombre dans la crise économique, que la France est condamnée à la sclérose et à un interminable « déclin », qu’il n’y a pas d’avenir, et que nous ne pouvons rien y faire. On aura beau nous dire que l’on est les plus mauvais, les moins à même de réussir, les plus retard, que nous ne pourrons plus éviter la désintégration sociale. On aura beau nous dire que l’on dégringole dans tous les classements, et sur tous les tableaux, que l’on est la risée du monde, que les autres sont meilleurs, et que l’on pourra jamais plus les rattraper. On aura beau nous abreuver, tous les jours, de ces effrayantes litanies, relayées gaiement et sans scrupules par une certaine presse, motivée par l’avidité, et que se complaît dans la suffisance intellectuelle. On aura beau nous dire tout ce genre de chose, tout cela nous empêchera pas, nous, à Lettre Ouverte, de croire en une réalité bien différente. Oui, ces derniers jours, nous pouvons être fiers de notre exécutif, et plus généralement de notre pays.  Oui, à la lumière de la triste actualité qui secoue le monde, nous pouvons être fiers d’avoir un pays qui s’engage dans la défense des peuples. Nous pouvons être fiers d’avoir un pays qui assure, seul et contre tous, la défense des opprimés, des oubliés de l’Histoire, de tous ces vies brisées par des régimes ou des forces qui considèrent la liberté comme une insulte … Oui, nous pouvons être fiers de vivre dans un pays qui montre sa détermination à ne pas céder à l’obscurantisme. Oui, nous pouvons être fiers, pour une fois, au moins ! Nous en faisons le rêve.

Et il faut le dire nous en avons assez. Assez des trop nombreuses reculades des dernières semaines face à des régimes oppressifs, se moquant ouvertement de toutes les règles du droit pénal international. Assez de l’inaction en Syrie, et du soutien implicite au monstrueux régime de Bachar Al Assad. Assez de voir l’opposition syrienne se radicaliser peu à peu, et jour après jour, en une lutte terrible entre extrémistes chiites et sunnites, ceux des fanatiques du Hezbollah -soutenus par les russes-, et ceux des illuminés d’Al Qaeda, financés –d’ailleurs, et faut-il le rappeler- par de riches donataires des monarchies du Golfe, inquiets de l’influence grandissante de l’Iran dans la région. Assez de voir nos valeurs bradées, vendues au plus offrant. Assez de la tendance actuelle à considérer des régimes totalitaires à la hauteur de grandes démocraties occidentales, que nous représentons. Assez de ne rien dire face à l’arrogance et les sourires cyniques de Monsieur Poutine, ex-agent du KGB, élevé au rang de défenseur de la paix (sic) ! Assez de cette insoutenable inaction face à des crimes de masse, face à l’utilisation d’agents chimiques à l’encontre de civils, assez de ces tueries d’enfants, de ces charniers que l’on nous montre sans rien faire. Assez du silence et de l’inertie des européens sur les événements de Kiev. Assez des remontrances des pseudos pacifistes, qui affaiblissent, continuellement par la recherche de l’impossible « consensus », notre héritage. Assez, en définitive, d’accepter, sans rien dire, nos propres faiblesses, et la face d’un monde sombre et motivé seulement par ‘l’intérêt’ économique et stratégique. Oui, parfois, il faut se résoudre à combattre. Oui, parfois, il faut savoir lutter, et montrer sa force. Oui, parfois, la confrontation, est inévitable pour faire vivre notre glorieux héritage !

Heureusement, l’actualité des derniers jours, nous offre –enfin-  une petite bouffée d’oxygène. Une bouffée d’oxygène insuffisante, mais quand même salvatrice. Salvatrice, pourquoi ? Parce qu’elle stoppe la pente glissante, dans laquelle nous tombions. D’accord nous sommes seuls dans notre combat en Centrafrique. D’accord nous n’avons pas le soutien d’une Europe, éclatée, bureaucratisée, silencieuse face aux horreurs du monde. D’accord personne ne comprend encore la portée d’une telle mission. Pour autant, il ne faut pas avoir peur de l'isolement, et bien au contraire, puisque toute grande cause passe inévitablement -dans sa phase originelle- par une longue traversée du désert. Mais le temps finit toujours par faire son oeuvre, et emporter l'adhésion du plus grand nombre. Notre fierté vient du fait, que la France, par elle-même, sans se défausser de ses responsabilités, à décider d’interrompre le tragique engrenage en Centrafrique, que le Quai d’Orsay a su faire front sans se cacher derrière un protecteur qui n’existe plus. La France a décidé de s’opposer à ce monde « zéro-polaire » que l’on nous impose, que l’on sent poindre comme « norme » des relations internationales. Oui nous avons des valeurs à défendre, et nous le faisons courageusement. En libérant le Mali du péril des terroristes, en se montrant les plus motivés à frapper les installations militaires de Bachar el Assad, en intervenant en Centrafrique pour défendre les valeurs de notre civilisation, et en refusant de nous corrompre à Sotchi, les leaders français ont prouvé toute leurs détermination à briser la dangereuse spirale, que personne ne semble voir. Oui, nous le croyons pour être forts et unis à l’intérieur, nous avons besoin d’être puissants à l’extérieur.


En tout état de cause, et comme le disait Napoléon « on marche plus vite quand on marche seul ». Et nous en faisons le pari, bientôt, ils seront des centaines, des milliers, des millions, à nous vivre. Preuve que le courage paie toujours, et que la majorité silencieuse doit –aussi- se faire entendre, les Belges et les Polonais, ont fait le choix, de supporter la difficile opération « Sangaris ». Un signe d’espoir, à condition de ne pas se laisser aller à la sinistrose, de ne pas se taire, de résister, et d'enfin ouvrir les yeux face à l'oppression !

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Amaury BETS

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