On aura beau nous dire que rien
ne va, que le pays sombre dans la crise économique, que la France est condamnée
à la sclérose et à un interminable « déclin », qu’il n’y a pas d’avenir, et que nous
ne pouvons rien y faire. On aura beau nous dire que l’on est les plus mauvais,
les moins à même de réussir, les plus retard, que nous ne pourrons plus éviter
la désintégration sociale. On aura beau nous dire que l’on dégringole dans tous les classements, et sur tous les tableaux, que l’on est la risée du monde, que les autres sont
meilleurs, et que l’on pourra jamais plus les rattraper. On aura beau nous abreuver, tous les jours, de ces effrayantes litanies, relayées gaiement et sans
scrupules par une certaine presse, motivée par l’avidité, et que se complaît
dans la suffisance intellectuelle. On aura beau nous dire tout ce genre de
chose, tout cela nous empêchera pas, nous, à Lettre Ouverte, de croire en une
réalité bien différente. Oui, ces derniers jours, nous pouvons être fiers de
notre exécutif, et plus généralement de notre pays. Oui, à la lumière de la triste actualité qui
secoue le monde, nous pouvons être fiers d’avoir un pays qui s’engage dans la
défense des peuples. Nous pouvons être fiers d’avoir un pays qui assure, seul et
contre tous, la défense des opprimés, des oubliés de
l’Histoire, de tous ces vies brisées par des régimes ou des forces qui considèrent la liberté comme une insulte … Oui, nous
pouvons être fiers de vivre dans un pays qui montre sa détermination à ne pas
céder à l’obscurantisme. Oui, nous pouvons être fiers, pour une fois, au
moins ! Nous en faisons le rêve.
Et il faut le dire nous en avons
assez. Assez des trop nombreuses reculades des dernières semaines face à des
régimes oppressifs, se moquant ouvertement de toutes les règles du droit pénal international.
Assez de l’inaction en Syrie, et du soutien implicite au monstrueux régime de
Bachar Al Assad. Assez de voir l’opposition syrienne se radicaliser peu à peu, et jour après
jour, en une lutte terrible entre extrémistes chiites et sunnites, ceux des fanatiques du
Hezbollah -soutenus par les russes-, et ceux des illuminés d’Al Qaeda, financés –d’ailleurs, et faut-il
le rappeler- par de riches donataires des monarchies du Golfe, inquiets de
l’influence grandissante de l’Iran dans la région. Assez de voir
nos valeurs bradées, vendues au plus offrant. Assez de la tendance actuelle à considérer
des régimes totalitaires à la hauteur de grandes démocraties occidentales, que
nous représentons. Assez de ne rien dire face à l’arrogance et les sourires
cyniques de Monsieur Poutine, ex-agent du KGB, élevé au rang de défenseur de la
paix (sic) ! Assez de cette insoutenable inaction face à des crimes de
masse, face à l’utilisation d’agents chimiques à l’encontre de civils, assez de
ces tueries d’enfants, de ces charniers que l’on nous montre sans rien faire. Assez du silence et de l’inertie des européens sur les
événements de Kiev. Assez des remontrances des pseudos pacifistes, qui
affaiblissent, continuellement par la recherche de l’impossible
« consensus », notre héritage. Assez, en définitive, d’accepter, sans
rien dire, nos propres faiblesses, et la face d’un monde sombre et motivé
seulement par ‘l’intérêt’ économique et stratégique. Oui, parfois, il faut se
résoudre à combattre. Oui, parfois, il faut savoir lutter, et montrer sa force.
Oui, parfois, la confrontation, est inévitable pour faire vivre notre
glorieux héritage !
Heureusement, l’actualité des
derniers jours, nous offre –enfin- une petite
bouffée d’oxygène. Une bouffée d’oxygène insuffisante, mais quand même salvatrice.
Salvatrice, pourquoi ? Parce qu’elle stoppe la pente glissante, dans
laquelle nous tombions. D’accord nous sommes seuls dans notre combat en
Centrafrique. D’accord nous n’avons pas le soutien d’une Europe, éclatée,
bureaucratisée, silencieuse face aux horreurs du monde. D’accord personne ne
comprend encore la portée d’une telle mission. Pour autant, il ne faut pas avoir peur de l'isolement, et bien au contraire, puisque toute grande cause passe inévitablement -dans sa phase originelle- par une longue traversée du désert. Mais le temps finit toujours par faire son oeuvre, et emporter l'adhésion du plus grand nombre. Notre fierté vient
du fait, que la France, par elle-même, sans se défausser de ses
responsabilités, à décider d’interrompre le tragique engrenage en Centrafrique,
que le Quai d’Orsay a su faire front sans se cacher derrière un protecteur qui
n’existe plus. La France a décidé de s’opposer à ce monde
« zéro-polaire » que l’on nous impose, que l’on sent poindre comme
« norme » des relations internationales. Oui nous avons des valeurs à
défendre, et nous le faisons courageusement. En libérant le Mali du péril des
terroristes, en se montrant les plus motivés à frapper les installations
militaires de Bachar el Assad, en intervenant en Centrafrique pour défendre les
valeurs de notre civilisation, et en refusant de nous corrompre à Sotchi, les
leaders français ont prouvé toute leurs détermination à briser la dangereuse
spirale, que personne ne semble voir. Oui, nous le croyons pour être forts et unis à l’intérieur, nous avons
besoin d’être puissants à l’extérieur.
En tout état de cause, et comme le
disait Napoléon « on marche plus vite quand on marche seul ». Et nous
en faisons le pari, bientôt, ils seront des centaines, des milliers, des
millions, à nous vivre. Preuve que le courage paie toujours, et que la majorité
silencieuse doit –aussi- se faire entendre, les Belges et les Polonais, ont
fait le choix, de supporter la difficile opération « Sangaris ». Un
signe d’espoir, à condition de ne pas se
laisser aller à la sinistrose, de ne pas se taire, de résister, et d'enfin ouvrir les yeux face à l'oppression !
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Amaury BETS

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