jeudi 27 février 2014

VIDEO : LES MARTYRS DE KIEV TUES PAR LES SNIPERS


mardi 25 février 2014

EXCLUSIF EN IMAGES : DANS LA RÉSIDENCE DE VICTOR IANOUKOVITCH

L'ex-résidence de l'ex-président de l'Ukraine prend des allures de "musée de la corruption". Selon les documents retrouvés dans le lac par les journalistes d'investigations présents sur place, la "datcha" aurait coûté des dizaines de millions de dollars de construction et de rénovation. Selon les contrats récupérés, ce sont, à titre d'exemple, pas moins de 39 millions d'euros qui ont été consacrés aux seuls éclairages -transférés spécialement de Russie-. En plus des matériaux utilisés -or et marbre-, et pour illustrer toute ce torrent de démesure, le principal ascenseur de la résidence de Mezhyhirya est constitué d'une porte ornée de cristaux Swarovski !








EN IMAGES : LA FOLLE RÉSIDENCE DE VICTOR IANOUKOVITCH

Après sa fuite, les Ukrainiens ont eu la grande surprise de découvrir la résidence opulente -tenue secrète- de Victor Ianoukovitch, leur ancien président, destitué ce week-end. Au menu, sauna, zoo privé, lacs, terrain de golf, terrain de tennis... on en passe et des meilleurs ...



















dimanche 23 février 2014

REVUE DE PRESSE INTERNATIONALE : L'avenir de l'Ukraine s'écrit en pointillés


Un hommage, sous tension, a été rendu aux victimes de la répression samedi soir au Maïdan à Kiev

La presse internationale commente abondamment les derniers épisodes de la révolution ukrainienne. S’ils saluent la fin de l’effusion du sang –plus de cent morts cette semaine à Kiev- et la destitution du président Ianoukovitch, les médias n’en restent pas moins inquiets quant à l’avenir du pays, où fractures territoriales et divisions politiques s’accentuent. Autre interrogation de poids : au moment où les Jeux Olympiques de Sotchi prennent fin, quelle sera la réaction de Vladimir Poutine, furieux de voir son rêve de « reconquête impériale » se heurter à la diplomatie européenne et au courage des Ukrainiens … de l’ouest ?

Le pouvoir politique bascule

Deux images fortes symbolisent ce basculement historique. D’un côté, l’abandon de la datcha –résidence de campagne- du président Ianoukouvitch à 30 kilomètres de Kiev, laissée à la vue et au su de la population ukrainienne, désarçonnée par l’ampleur des richesses accumulées par le président déchu. De l’autre, l’arrivée triomphale -en fauteuil roulant- de son opposante Ioulia Timochenko place de l’Indépendance ou « Maidan », après 30 mois d’emprisonnement dans une cellule de Kharkov, ironie du sort, là même où le président en fuite aurait trouvé refuge ! « Dans l'un des plus grands revirements politiques de tous les temps, le président Viktor Ianoukovitch a abandonné l'Ukraine pour un tarmac deDonetsk tandis que sa rivale, Ioulia Timochenko, a été libérée de prison par le Parlement et emmenée devant une foule de plus de 100.000 personnes réunie Place de l'Indépendance de Kiev et qui a écouté attentivement l'ex-premier ministre », écrit le Kyiv Post, relayant les allégations non confirmées de tentatives avortées de fuite de Monsieur Ianoukovitch en Russie. « Les manifestants qui ont envahi la résidence de campagne de M. Ianoukovitch, ont trouvé son manoir abandonné. Contrairement à l'ambiance sombre sur le Maidan, des milliers de personnes ont visité le parc dans une atmosphère de vacances. Les manifestants ont joué au golf avec des clubs de M. Ianoukovitch et hissé des drapeaux ukrainiens sur les mâts d'un galion maquette amarré sur une rivière », ajoute de son côté The Telegraph, ajoutant à cette impression de fin de règne un ton un peu plus décalé. "C'est une image réconfortante. Les protestations sanglantes et prolongées en Ukraine semblent avoir atteint leurs objectifs : Ianoukovitch a disparu, de nouvelles élections sont prévues, et Ioulia Timochenko, un personnage clé de la Révolution orange de 2004, a été libéré de prison", résume pour sa part sur un ton plus solennel le Washington Post.



Le Président Ianoukovitch a abandonné son imposante datcha, située en périphérie de Kiev, pour une destination pour l'heure inconnue


Ioulia Timochenko, en larmes, a rendu, place de l'Indépendance, un vibrant hommage aux victimes de la répression

La fragmentation de la classe politique ukrainienne

En dépit des avancées, l’avenir du pays est incertain, miné par une classe politique corrompue. "Il est impossible de ne pas se réjouir que les casseurs et les voyous qui cherchaient à lier l'Ukraine au projet impérial de Poutine, en massacrant leurs concitoyens dans les rues de Kiev ont été défaits. Mais il est beaucoup trop tôt pour conclure que le prochain gouvernement ukrainien, quel qu'il soit, aura plus de succès que ses prédécesseurs", note The American Interest. Le journal américain dresse d’ailleurs et parallèlement un portrait peu élogieux de la classe politique ukrainienne. "Rien n’a véritablement changé la nuit dernière. L'Ukraine est un pays divisé avec des institutions étatiques faibles et inefficaces. La dépendance énergétique abjecte de l'Ukraine à la Russie crée une myriade de problèmes politiques et économiques qu’aucun gouvernement ukrainien depuis l'indépendance n’a été capable de gérer. Les dirigeants politiques de pratiquement tous les partis ou mouvement majeur dans la vie ukrainienne sont des relais corrompus d’intérêts commerciaux, certains sont excités, inexpérimentés, et ont des liens douteux avec l’idéologie ultra-nationaliste. Le pays est encore proche de la faillite, sans aucun moyen de payer des dettes arrivant à échéance. La Russie, un voisin prédateur avec des rêves de subvertir l'indépendance de l'Ukraine, bénéficie toujours du soutien, acheté ou sincère, d'un important réseau intérieur de l’establishment en Ukraine." Pas sûr dans ce sens que le retour de Ioulia Timochenko constitue une solution viable pour (re)construire le pays. "Je pense qu'il y a trop de dirigeants de l'opposition, et Madame Timochenko en sera une de plus. Je ne vois pas comment l'opposition peut être unie quand on observe les fortes divergences entre les gens de Maidan et les dirigeants de l'opposition. Sur cet aspect, le retour de Madame Timochenko n'est pas une bonne information pour la plupart des leaders de l'opposition", a déclaré Bruno Drweski, conférencier à l’université de Paris, et interrogé par Russia Today. Et que dire des suspicions de collusions qui planent au-dessus de la tête de l’ex-première ministre de l’Ukraine. "En 2008, Dmytro Firtash, un important oligarque ukrainien a parlé à l'ambassadeur américain en Ukraine en décrivant Madame Timochenko 'comme un oligarque accompli qui avait conclu des accords avec Moscou', selon un document divulgué par WikiLeaks", révèle Russia Today

La fragmentation territoriale de l’Ukraine


Les divisions linguistiques en Ukraine 

Ce vide et ces divisions politiques pourraient alimenter les risques de partition du pays, entre l’ouest pro-européenne, et l’est –généralement pro-russe. "La peur de l'établissement de centres de pouvoir rivaux a gagné du terrain samedi quand Monsieur Ianoukovitch, après avoir quitté la capitale, a fait une apparition à la télévision de Kharkov, une ville fortement pro-russe à l'est du pays, près de la frontière russe. Il a dit qu'il n'avait pas démissionné, n'avait pas prévu de le faire et qu’il avait consulté ses partisans de l'Est concernant la démarche à suivre pour le futur", explique The International New York Times. La crise que traverse le pays est en train de polariser la société ukrainienne sur de graves questions « identitaires ». "Les divisions ont pris la forme d’un gouffre béant ces derniers mois, quand l'ouest du pays de langue ukrainienne s'est ralliée sans ambiguïté derrière les manifestants massés sur la place de l'Indépendance à Kiev, alors que beaucoup à l'est, sous l’influence des rapports alarmants relayés par la télévision russe, ont été horrifiés par ce qu'ils considéraient comme une tentative pour évincer un dirigeant légitime, élu démocratiquement, et considéré comme l'un des leurs", analyse l’International New York Times. "M. Ianoukovitch a construit sa carrière politique à Donetsk, un centre minier et industriel, dont le paysage urbain sombre de l’ère soviétique est un monde loin de la splendeur élégante et fièrement européenne des villes de l'Ouest comme Lviv", ajoute encore le journal américain, pour étayer cette ligne de fracture grandissante entre les « deux » Ukraine.

Vers de nouvelles tensions en Crimée ?

Le futur de l’Ukraine est désormais l’objet de toutes les questions, de tous les doutes et de toutes les inquiétudes. "Il y a trois scénarios possibles pour l'Ukraine. À court terme, une sorte de continuation du statu quo et de l'indécision semblent être l'alternative la plus probable, mais un tel statu quo instable et insatisfaisant est une solution peu probable dans un avenir indéterminé. Si le statu quo se termine enfin, l'Ukraine a deux options. L'une est la partition : l'est et l'ouest se séparent, la partie orientale renvoie à l'étreinte du Kremlin, et l'ouest se prépare pour son entrée dans l'Union Européenne. L'autre possibilité est que le pays tombe entièrement dans le giron, soit de Moscou, soit de l’Occident" analyse The American Interest. Quoi qu’il en soit, les tensions territoriales demeurent pour l’heure toujours très vives, et les risques de sécession bien réels. Le président russe, Vladimir Poutine, qui voulait voir le président ukrainien nettoyer la place Maïdan, pourrait rabattre ses cartes vers la Crimée, région plus que jamais considérée par la plupart des Russes comme partie intégrante de leur fédération. "Alors que les manifestants célèbrent leur victoire à Kiev, la situation dans d'autres parties du pays semble toujours tendue. A titre d’exemple, il faut regarder vers la Crimée", avertit le Washington Post. "La situation est compliquée par le fait que de nombreux Russes considèrent la Crimée comme partie intégrante de la Russie : un récent sondage a révélé que 56% des Russes voient la Crimée comme un territoire russe, un pourcentage beaucoup plus important -39%- que pour la Tchétchénie, à l'intérieur des frontières de la Fédération de Russie", ajoute le journal américain. Et les premiers avertissements ont déjà été relayés par la presse russe. "La Russie a mis en garde l'Occident qu'elle est prête à mener une guerre pour la Crimée, une région ukrainienne où la population est ethniquement russe pour 60% et où la flotte russe en mer Noire est stationnée", avertit le Moscow Times. "Si l'Ukraine se brise, cela va déclencher une guerre" a confié un haut représentant du gouvernement russe au Financial Times, jeudi dernier. "En premier, ils perdront la Crimée parce que nous irons la protéger, comme nous l'avons fait en Géorgie." a insisté ce dernier. "Nous ne permettrons pas que l'Europe et les Etats-Unis nous prennent l’Ukraine", a également déclaré un responsable de la politique étrangère russe, dans des propos repris par le Moscow Times. "Avec les États de l'ancienne Union soviétique, nous formons une famille. Ils pensent que la Russie est toujours aussi faible que dans les années 1990, mais ce n’est pas le cas" a-t-il encore ajouté. 

A lire aussi dans Lettre Ouverte sur le dossier ukrainien :
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Amaury BETS

jeudi 20 février 2014

BILLET : François Hollande, ce génie de la politique !


Le "Hug" de François Hollande à Carlos Diaz, l'ex-leader des Pigeons, lors de sa visite en Californie, le 13 février dernier. 


Déréglementation du marché du travail, accord avec le patronat, gel des salaires et des avancements des fonctionnaires, politique résolument tournée vers l’offre. Toutes ces mesures et orientations, annoncées ces dernières semaines en France n’ont pas été prises par des « libéraux » ou par les descendants « diaboliques » de Margaret Thatcher, mais bien par François Hollande, un président socialiste !

Que faut-il en conclure ? Faut-il y voir la désintégration définitive des idées « socialistes » en France et plus généralement dans toute l’Europe ? Faut-il voir en Monsieur Hollande, un stratège politique hors pair, capable de ménager la chèvre et le chou comme aucun président avant lui ? A l’évidence, la mutation, si habile soit-elle, est aussi dictée par des considérations économiques, des plus préoccupantes.

En épluchant les rapports alarmistes des économistes, Monsieur Hollande et Jean-Marc Ayrault, son très discret Premier ministre semblent en effet avoir pris la pleine mesure du désastre national. Les cosmétiques en tous genres -statistiques biaisées ou manipulation de débats identitaires- destinés à adoucir les effets du déclin et à détourner l’attention du grand public commencent peu à peu à s’épuiser. Déflation salariale, chômage de masse, croissance inexistante, perte d'influence sur la scène internationale, paupérisation accrue, incapacité à créer le moindre emploi, recours « généralisé » aux contrats précaires sont autant de réalités qu’il devient impossible de nier.

Sous l’influence de son leader, qui lors de sa campagne présidentielle se faisait Chevalier de la lutte contre les « puissances de l’argent », le Parti Socialiste apparaît désormais plus libéral que l’UMP sont grand rival, tétanisé depuis l’échec retentissant de Nicolas Sarkozy lors de l’élection de 2012. François Hollande, par une volte-face idéologique inédite dans l’Histoire politique française, est désormais applaudi par Angela Merkel, ou par David Cameron, grand défenseur du « libéralisme » à l’anglo-saxonne et ancien adversaire politique. Après avoir méprisé les entrepreneurs et les innovateurs, Français Hollande embrasse désormais chaleureusement le leader des « Pigeons ». Pour autant, le chef de l’exécutif, confronté à une impopularité record, a eu le mérite de calmer les protestations à l’intérieur de son propre parti, et plus particulièrement de son aile gauche « régressiste », incarnée par Arnaud Montebourg, qui s’était notamment opposé à un rapprochement entre Dailymotion – pépite française- et le géant américain Yahoo. Pas étonnant dès lors de constater la chute massive des investissements étrangers dans l’Hexagone, dont les flux ont atteint cette année un plus bas historique en 30 ans, tout juste supérieurs à ceux du Maroc. A l’approche des municipales, qui devraient constituer une déroute historique pour les « socialistes », François Hollande a déjà choisi son camp, celui de la « social-démocratie », autre astuce habile pour éviter d’évoquer un authentique virage « libéral » ! Mieux vaut tard que jamais ! 

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Amaury BETS

KIEV BLOODSHED IN PICTURES
















mercredi 19 février 2014

BILLET : Le grand retour des guerres de religion ?




Enfermé dans ses gadgets technologiques, asphyxié d'algorithmes, le monde 'moderne' ne serait-il pas doucement, -et sans s'en rendre véritablement compte-en train de replonger dans l'archaïsme de conflits d'une 'autre époque' ?

Les événements qui secouent actuellement la planète prennent la forme d'un étrange retour vers un lointain passé, traumatique et sanglant. Au moment où nos cerveaux semblent obnubilés par la force des écrans à cristaux liquides, les exemples abondent sur la résurgence des conflits identitaires. Pour qui fait l'effort de s'y intéresser, la guerre larvée que se livre sunnites et chiites au Moyen-Orient -2 confessions de l'Islam- prend de plus en plus des allures de Saint-Barthélemy à dimension régionale. A Paris, ce jour-là, cinq siècles plus tôt, les protestants y avaient été sauvagement liquidés par les catholiques. En Afrique, le déferlement des violences religieuses remplace aujourd'hui les conflits ethniques, de plus petite échelle, entre tribus rivales. En Centrafrique, les milices chrétiennes se livreraient à un nettoyage ethnique à l'encontre des musulmans, chassés du pouvoir et responsables d'exactions pendant leur bref règne de 10 mois. À cette boucherie, Boko Haram, groupe islamiste nigérian, en signe de "solidarité" avec les musulmans centrafricains exterminés, aurait décidé de se venger et de mener une guerre totale à l'encontre des chrétiens du Nigéria. Déclarations malheureusement transformées en actes ce weekend-end avec le massacre de plus de 120 chrétiens dans un village au nord du pays. Et cette violence, loin d'être isolée, semble inexorablement se propager, alimentée - volontairement ou non- par les interférences de puissances étrangères et de leurs intérêts –avant tout- énergétiques. Nouvellement formé, le prometteur Sud Soudan se déchire déjà, et les violences religieuses semblent être le catalyseur des tumultes. Au Mali et dans la région du Sahel, les groupes islamistes inspirés des fanatiques d'Al Qaïda jurent d'exterminer les traîtres impies, autre appellation pour désigner les juifs et les chrétiens.

Cette vague de tensions identitaires atteint aussi les tranquilles rivages de l'Occident. Les pays européens, dont le tissu social ne cesse de de distendre, sont incapables de juguler la radicalisation d'une frange de  la société. Le départ de citoyens "ordinaires' vers la Syrie, transfigurés du jour au lendemain en "terroristes" sanguinaires n'interpelle la société civil que dans un mélange de dédain, d'incompréhension et d'indifférence. À cela s'ajoute, le grand retour de la théorie du complot sioniste, ou autrement dit du juif cherchant à dominer le monde. Théorie qui a été, faut-il le rappeler, au cœur de la propagande de l'Allemagne nazie, et des ravages que l'on sait.

Il est trop tôt pour être définitif sur la nature des conflits de demain. La répression de Kiev est venue rappeler que les luttes idéologiques n'étaient pas mortes avec la désintégration de l'URSS, et la disparition des blocs antagonistes. Pour autant les oppositions culturelles, identitaires, intra religieuses et inter-religieuses semblent véritablement façonner ce début de XXIème siècle. Ce nouveau siècle qui devait être le siècle de la "non-violence" ou même de la "fin de l'Histoire" cristallise désormais toutes les tensions à l’intérieur même de notre très conservatrice société. Ce début de XXIème siècle qui s'était ouvert sur les attentats du "11 Septembre", semble aussi donner raison aux thèses et à la prophétie de Samuel Huntington, contenues dans son fameux livre le 'choc des civilisations' et définies en ces termes : "les lignes de fracture entre civilisations seront les lignes de front des batailles du futur". Alors que les braises ne cessent d'être attisées, rares sont ceux, à l'évidence, à avoir pris la pleine mesure de la dangerosité d'une telle menace.

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Amaury BETS