« Que règne la liberté. Car jamais le soleil ne s'est couché sur réalisation humaine plus glorieuse ». Nelson Mandela
L’hommage planétaire
et unanime rendu au père de la Nation sud-africaine, réaffirme l’impérieuse
nécessité de faire émerger des leaders politiques de sa stature. Au-delà de son
long combat anti-Apartheid, c’est cet « espoir » qu’il s’agit –aussi
et surtout- de défendre. A travers son sacrifice personnel, Mandela rentre dans
le cercle fermé des ‘géants’ de l’Histoire.
Même les conditions météorologiques exécrables et le ciel plombé
au-dessus de Soweto n’auront pas suffi à interrompre les célébrations et la
pluie d’éloges, adressés à l’endroit de Nelson Mandela, depuis sa disparition
jeudi dernier. Réunis au Soccer City Stadium, la centaine de chefs d’Etats et
de gouvernement ont salué l’héritage de l’icône de la « Nation arc en ciel ».
Une commémoration riche en images fortes, et en symboles. Que dire de la
poignée de main historique échangée entre le président américain Barack Obama
et son homologue cubain Raul Castro ? Que dire aussi des sifflets ayant
accompagné l’intervention de l’actuel président sud-africain, Jacob Zuma,
accusé de détournement de fonds ? Que dire du discours de clôture plein d’humour
de l’archevêque et prix Nobel Desmond Tutu ? En définitive, et au-delà de de ce flot de
louanges, parfois hypocrite, que retiendrons-nous de la vie de Madiba ?
L’universalisme du combat mené par l’ex-président sud-africain,
et sa capacité à rassembler les hommes, au-delà des clivages partisans, et loin des basses
considérations humaines, telles la haine et la vengeance ont été
particulièrement mis en avant dans les différentes interventions. « Un
géant de l’Histoire ». Tels ont été les mots sobres utilisés par le
président américain Barack Obama pour décrire le testament politique de son
mentor, sous les ovations et les rugissements de la foule, acquise à sa cause. Dans le même temps, le locataire de la Maison Blanche
a insisté sur la nécessité de ne pas « dilapider l’héritage » du Père
de la Nation sud-africaine, et à dénoncer les pays qui se « disent solidaires du combat de Nelson
Mandela pour la liberté, mais ne tolèrent pas d'opposition de leur propre
peuple ».
Autre élément de la personnalité de Nelson Mandela mis
en avant au fil des allocutions, et preuve de sa capacité exceptionnelle à
mener les hommes vers son but : sa volonté infaillible et implacable. Andrew
Mlangeni, un ancien détenu de Robben Island, et confident du père de la
Nation sud-africaine, a ainsi déclaré que ce dernier était capable « de
créer l’espoir, là où il n’y en avait pas ». Oui, Madiba était maitre de son destin, comme
il l’avait toujours voulu, mais au prix d’un sacrifice personnel, et d’un
emprisonnement long de plus de 27 ans.
Une cérémonie commémorative qui intervient au moment où le
Continent africain est confronté à un nouvel épisode de déstabilisations et de divisions
religieuses. Après l’épisode malien, il y a quelques mois, l’armée française a dans
ce sens ouvert un nouveau front en Centrafrique, en déclenchant l’opération « Sangaris »
dans l’optique d’enrayer la spirale des affrontements confessionnels entre
musulmans et chrétiens, à l’origine de plusieurs centaines de morts ces
derniers jours.
Quoi qu’il en soit, et malgré l’intervention – et la bonne
intention supposée- des forces étrangères, l’Histoire a montré que la volonté
infaillible d’un seul Homme a pu changer le sort d’un pays, promis à une lente
agonie. Si Mandela ne peut être considéré comme un prophète ou un Saint, il n’en
reste pas moins, et à jamais, l’une des plus grandes figures du XX ème siècle, grâce
à l’espoir insoluble qu’il a su incarner au plus profond de sa geôle, et dans « la
nuit noire ». Oui, comme le disait
un membre de sa famille, et à l’image du Mahatma Gandhi ou d'Abraham Lincoln « le monde a
besoin de leader de sa trempe ».
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Amaury BETS

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