mardi 17 décembre 2013

Ode à une Méditerranée …en péril mortel


L’espace méditerranéen plus que jamais éclaté ?


Printemps arabes, crises économiques et sociales dans l’Europe du Sud, renflouement financier précurseur à Chypre, menaces de mutation de la guerre civile en Syrie en guerre mondiale avec l’imbrication de plusieurs acteurs (Turquie, Israël, Etats-Unis, pays du Golfe, Russie entre autres)… L’espace méditerranéen offre ces dernières années une actualité aussi foisonnante qu’inquiétante.

La Méditerranée souffre de maux aussi multiples que divergents de part et d’autre de ses deux rives. Sur la rive Nord, les pays du Sud de l’UE sont enlisés dans une crise économique et sociale mortifère. En témoigne la situation cataclysmique de la Grèce, gangréné par un chômage de 60% chez les jeunes, où la prostitution a augmenté de 150%. Dans ce pays, avec l’augmentation du nombre de drogués par injection, le sida a frappé 50 % de cas en plus entre 2011 et 2012. D’ailleurs, Chypre vient de constituer un laboratoire en miniature de ce qui attend les autres pays européens, en résolvant sa crise souveraine par une saisie des épargnants chypriotes pour renflouer les faillites bancaires, les déficits et dettes publics. Ultime folie : les envies d’intégration des pays des Balkans (la Croatie le 1er juillet 2013, la Macédoine, La Serbie, le Monténégro, l’Albanie) à se fondre cette machine bureaucratique bruxelloise et dans la zone euro (La Lituanie et la Lettonie prévue pour 2014…), monnaie unique qui parachève de détruire les nations grecques, italiennes et espagnoles par un acharnement économique et financier mené d’une main de fer par la troïka (BCE, FMI, Commission Européenne).

Les pays de la rive Sud, après l’éclosion deux ans auparavant des Printemps Arabes sont gagnés par un islamisme rampant, en particulier la Tunisie et l’Egypte, à grands renforts financiers des pays du Golfe (Qatar et Arabie Saoudite). Tandis qu’à l’est la guerre civile en Syrie n’en finit pas, Israël, dont les liens avec la Turquie ont été raccommodés, est entré également dans la lutte en menant une attaque aérienne, ce qui ne fait que propager d’autant plus le conflit aux pays environnants, en particulier le Liban, dont le Hezbollah, allié chiite fidèle à la Syrie et à l’Iran, résiste au plus près au projet sioniste de guerre permanente.

Le rêve d’Union pour la Méditerranée semble donc bien lointain en même temps que s’éloignent les promesses de réconciliation entre ces peuples aux cultures différentes mais partageant, à travers cette mer commune, une histoire commune et un avenir commun.

En effet, la Méditerranée, berceau des civilisations grecque, latine, arabe, phénicienne et ottomane, souffre d’impuissance et de tensions tenaces, exacerbée par le conflit israélo-palestinien et l’influence américaine sur beaucoup de pays clés, comme la Turquie, le Maroc et l’Egypte. Terreau d’une histoire millénaire qui a vu la création de cités aussi mythiques qu’Athènes, Sparte, Rome, Alexandrie, Jérusalem ou encore Carthage, Gênes, Venise et Cordoue, la Méditerranée doit trouver un nouveau souffle. A l’image de l’expédition militaire et scientifique d’Egypte de Bonaparte sous le Directoire (1798) qui a posé les bases de l’égyptologie, l’esprit d’initiative français doit éclore à nouveau et redonner à cet espace maritime la puissance économique et culturelle qu’elle recouvrait autrefois. A plusieurs égards, les enjeux qui se recoupent ici sont essentiels et résonnent à l’échelle mondiale : la Méditerranée constitue une des zones du monde emblématique de la fracture Nord-Sud marquant les déséquilibres de développement entre pays riches et pays peu intégrée à la mondialisation ; au carrefour de civilisations diverses, à la jonction entre Aryens, Sémites (juifs et arabes) et Berbères, elle cristallise le choc des civilisations popularisée par S. Huntington ; enfin, elle est à la jonction de trois continents, Europe, Afrique, Asie qui peuvent constituer un des cœurs des échanges mondiaux.

Sur le plan économique et culturel, les motifs de coopération n’en sont pas moins potentiellement riches : le développement durable avec l’exploitation solaire et marine ; le tourisme, qui est d’ores et déjà un ressort puissant de cet échange économique et culturel tout en participant au dynamisme du tissu économique local sur les pays touristiques ; les échanges universitaires et scientifiques sur des projets liés par exemple à la santé, la médecine ayant été à plus d’un titre une source d’innovation tangible de la part des Grecs (Hippocrate, régime crétois) les juifs et les arabes. Les sources de collaboration sont immenses et la France doit cultiver avec ses partenaires une vraie vision pour l’essor et la promotion de l’espace Méditerranéen, dans un souci de développement économique profitable à tous et basé sur un modèle de développement résolument différent des XIXème et XXème siècles. Ce développement du XXIème siècle sera, en effet, tiré par la croissance verte tout en étant moins consommatrice d’énergie et productrice de gaz à effet de serre.

Pour ce faire, la France doit démêler les nœuds politiques qui entravent ce projet et renouer avec ses principes les plus élémentaires.  Cela passe d’abord par la définition d’un cadre de coopération renforcé et durable avec l’Algérie, condition d’une réconciliation post-guerre d’Algérie. La France doit également être aussi ferme dans la lutte contre les deux extrémismes qui pourrissent le littoral méditerranéen autant qu’ils fleurissent : l’islamisme et le sionisme. Si le XXème siècle a périt de ses idéologies dangereuses, le XXIème doit en tirer les leçons et ne pas basculer à nouveau dans une surenchère néfaste. Comme l’avait prédit à juste titre A. Malraux « le XXIème siècle sera religieux ou ne sera pas », les deux idéologies, ayant pour base la religion islamique et judaïque, prône à terme la domination d’une religion ou d’un groupe sur un autre : pour les uns, la oumma (communauté des musulmans) doit s’étendre au reste de l’humanité, alors que pour l’autre le peuple élu a vocation à dominer les autres, les non élus, en témoigne les nombreuses discriminations même à l’encontre des non juifs vivant en Israël. La France, par la voix de sa diplomatie, qui conserve malgré les ajustements budgétaires récents la 2ème place au monde par l’étendue et la densité de ses réseaux internationaux (ambassades, consulats, alliances françaises, …), doit œuvrer au reflux de la propagation islamiste qui menace ses frontières extérieures au sein de cet espace méditerranéen tout autant qu’elle doit manifester son refus de toute colonisation en Palestine en adoptant une opposition farouche au projet sioniste. Ces deux extrémismes nocifs nuisent d’ailleurs gravement aux Chrétiens d’Orient, que la France se doit de défendre et auprès desquels elle doit redevenir la protectrice. En témoigne le projet originel de l’Empereur qui, s’il n’avait pas buté devant Saint-Jean-D’acre en 1798, prévoyait de prendre Damas et Alep, de libérer les chrétiens de Syrie, d’Arménie ainsi que les Druzes dans son sillon en y déclenchant une Révolution. Cette grande vision, issue aussi de son profond respect pour l’islam, l’aurait conduit à revenir à Paris par Constantinople et à prendre le titre d’Empereur d’Orient, bien avant qu’il ne devienne l’équivalent d’un Empereur d’Occident par la suite. 

Si la Méditerranée constitue en soi un personnage historique comme l’avait analysé F. Braudel à travers plusieurs livres, personnage qu’il qualifie « de complexe, d’encombrant, de hors série, échappant à nos mesures et à nos catégories », elle conserve ces caractéristiques à travers les âges jusqu’à aujourd’hui. Le célèbre philosophe allemand Nietzsche, en homme du Nord, a particulièrement apprécié vivre en Italie au bord de cette mer enchanteresse, y soulignant ce lien particulier entre l’Homme et le soleil, « source de toute vie », comme le dit Napoléon. Pour Nietzsche, la Méditerranée est pensée comme une nature d’exception, chargée de culture et d’histoire, et s’érige au rang de valeur de civilisation. En tant que berceau de ces nombreuses civilisations, la France doit se tourner résolument vers cet espace infiniment complexe. Cela lui permettra, en plus de renouer avec une ambition internationale digne de sa grande Histoire, d’apaiser les tensions identitaires qui n’en finissent pas d’agiter la société française en son sein.

A propos de l’astre suprême, le soleil, voici une dernière réflexion de Napoléon : « Quand on a l'honneur et le bonheur tout à la fois d'être la France, il faut comprendre toute la portée de cette position de faveur, et de nation soleil que l'on est, et ne point se transformer en nation satellite. » 

--
Guillaume N.

1 commentaire:

  1. Si vous avez eu des problèmes financiers, il est temps pour vous de sourire. Vous n'avez qu'à contacter M. Benjamin avec le montant que vous souhaitez emprunter et la période de paiement qui vous convient et vous aurez votre prêt dans les trois jours ouvrables. Je viens de bénéficier pour la sixième fois d'un prêt de 700 mille dollars pour une période de 180 mois avec la possibilité de payer avant la date d'expiration. M. Benjamin m'a aidé pour le prêt.Contactez-le et vous verrez qu'il est un homme très honnête avec un bon cœur.Son email est lfdsloans@lemeridianfds.com / lfdsloans@outlook.com et son numéro de téléphone WhatApp est + 1-989-394-3740

    RépondreSupprimer