La police anti-émeute et les manifestants anti-gouvernementaux se sont
affrontés à Kiev, la capitale ukrainienne.
Fourgon de police incendié. Bus
renversé et calciné. Voitures brûlées. Echauffourées. Journalistes pris pour
cible. Des blessés par dizaines, dont certains sérieusement. Tel est le lourd
bilan des affrontements qui ont eu lieu dimanche soir entre les forces
anti-émeutes et les manifestants à Kiev,
non loin de la Place de l’Indépendance, connu sous le nom de
« Maidan ». La presse anglo-saxonne revient sur les circonstances de
ces heurts et y voit une aggravation de la crise politique qui secoue le pays
depuis fin-novembre.
Des manifestations pacifiques à la confrontation violente.
Les nouvelles lois, votées à
mains levées jeudi dernier par le parlement ukrainien ont mis le feu aux
poudres. En restreignant le droit de manifester, le nouveau dispositif législatif vise selon le New York Times : « à éteindre le mouvement de protestions qui a commencé le 21 novembre
après la marche arrière du président Ianoukovitch au sujet de la signature d’un
accord pour renforcer les liens commerciaux et politiques de l’Union
Européenne. » Dans ce sens, « les
violences de dimanche reflètent surtout, à la fois, la fureur des éléments
extrémistes et celle des citoyens ordinaires concernant les lois [de jeudi],
qui font écho à celles passées en Russie au cours des dernières années, et qui
suivent un plan de sauvetage de 15 milliards de dollars de l’Ukraine par
Moscou, le mois dernier », écrit le Financial Times. « Les manifestants ont bombardé la
police avec des fusées, des pétards, et des cocktails molotov », précise
la BBC.
La radicalisation d’une partie de l’opposition.
Les nouvelles lois ne seraient
pas les seules raisons de la dégradation sécuritaire. « La violence a été
amplifiée par la désillusion croissante d’une partie des manifestants vis-à-vis
des leaders de l’opposition. Certains considèrent qu’ils ont été trop passifs
durant les manifestations », analyse le FT. Quoi qu’il en soit les
dirigeants de l’opposition ont dénoncé les débordements de dimanche à proximité
du Parlement et « les provocateurs qui ne représentent pas les aspirations
pacifiques des manifestants », ajoute le New York Times.
Les divisions de la société ukrainienne.
Le pays est à présent coupé en
deux, « entre les régions pro-européennes à l’Ouest et les pro-russes à
l’Est », estime CNN. A la tête du parti Udar, le leader de l’opposition
Vitali Klitschko, l’ancien champion du monde de boxe poids lourd, malmené lors
des manifestations, a mis en garde contre un « scénario de la
force », tout en ajoutant qu’il n’excluait pas « la possibilité d’une
guerre civile », selon des propos repris par la BBC.
Le leader de l’opposition Vitaly
Klitschko, a été aspergé par un extincteur lors des manifestations
Tensions croissantes entre l’Union Européenne et la Russie.
« La Bataille pour l’âme
ukrainienne envenime les relations entre l’Union Européenne et la Russie, avec
les politiciens européens qui accusent Moscou d’utiliser le chantage et la
corruption pour garder Kiev dans sa sphère d’influence », explique The Independent. Des accusations balayées d'un revers de manche par
le Kremlin, qui dénonce les interférences de Bruxelles ou de Washington,
concernant sa gestion du dossier ukrainien. « Monsieur Ianoukovitch
dispose du soutien de nombreux Ukrainiens », relativise ainsi le quotidien
britannique.
La Maison Blanche dénonce l’attitude du pouvoir ukrainien.
Si l’Union Européenne a condamné
les violences et a appellé à trouver « une solution démocratique à la crise
actuelle », Washington s’est montré plus ferme en mettant en cause la
responsabilité du pouvoir ukrainien dans les heurts. « Les tensions
croissantes en Ukraine est une conséquence directe de l’attitude du
gouvernement ne reconnaissant pas les griefs légitimes de son Peuple » a
ainsi déclaré Caitlin Hayden, la porte-parole du Conseil de la sécurité
nationale des Etats-Unis. Par ailleurs le département d’Etat américain a qualifié
dans un communiqué les nouvelles lois de « non-démocratiques. »
La sortie de crise s’éloigne et laisse place à l’inquiétude.
Alors que les deux camps semblent
se radicaliser, la perspective d’une résolution rapide de la crise s’éloigne. « Les
autorités ukrainiennes pourraient utiliser les affrontements comme un prétexte
pour lancer une répression violente visant à éjecter les manifestants de leurs
campements sur la place centrale de l’Indépendance de Kiev », indique
ainsi The Independent. L’offre de négociation, proposée hier par le président
Ianoukovitch est ainsi considérée par une grande partie des opposants, comme
une « ruse pour calmer les tensions et gagner du temps ». Dans un communiqué publié lundi soir, et en
guise d’avertissement, le président Ianoukovitch a déclaré :
« Maintenant, lorsque des actions pacifiques se transforment en troubles
de masse, accompagnés par des émeutes et des incendies volontaires, et l’usage
de la violence, je suis convaincu que ces phénomènes constituent une menace non
seulement pour Kiev mais aussi pour l’ensemble de l’Ukraine. » Dès lors, le
scénario du pire est-il en marche ?
A lire aussi dans Lettre Ouverte :
http://questionsinternationales.blogspot.fr/2013/12/non-lukraine-nest-pas-vendre.html
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http://questionsinternationales.blogspot.fr/2013/12/non-lukraine-nest-pas-vendre.html
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Amaury BETS

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