mardi 14 janvier 2014

Revue de presse : "La politique étrangère turque part à la dérive !"



Le ministre des affaires étrangères iranien, M. Mohammad Javad Zarif rencontre son homologue turc M. Ahmet Davutoglu, en Turquie le 4 janvier 2013.

Après l’échec constaté de la politique « zéro problème » et alors que le gouvernement essayait de justifier, l’été dernier, son isolement politique international en le nommant « précieuse solitude », un nouveau départ diplomatique se profile pour la puissance ottomane. Ce carrefour stratégique mondial reste la première puissance économique de la région, loin devant l’Iran et l’Arabie Saoudite mais qui sont pourtant beaucoup plus audibles sur la scène internationale.



1 - La puissance régionale turque

Le New York Times constate que, « pendant plus d’une décennie, la Turquie a développé des liens étroits avec ses voisins arabes », sa réussite économique et la stabilité démocratique « étaient considérés comme un exemple pour toute la région ». Elle a impacté économiquement toute la région en « ouvrant des frontières et des routes commerciales, développant les affaires et négociant des accords politiques ». Foreign Affairs estime que «l’année dernière, l’économie turque semblait quasiment au sommet du monde » et, pendant les dix dernières années, elle a « fait un long chemin en se propulsant à un rang d’importance mondiale ».


2 - Du « zéro problème » au « tout problème »

Selon le New York Times, « l‘année dernière, la politique du Moyen-Orient d’Erdogan est partie à la dérive ». En effet, ses choix l’ont amené à s’écarter de l’Egypte actuel et des saoudiens en ayant été « un fervent supporter du président déchu, Mohamed Morsi », de la Syrie car elle « a soutenu agressivement et armé les rebelles ». Ses relations avec Baghdâd sont aussi concernés car les turcs « mènent une politique qui met en danger la stabilité du pays » en accordant une attention toute particulière à la partie kurde du nord du pays (notamment en signant des accords pétroliers à l’encontre de la capitale et en prônant l’indépendance de la région). Quant à ses relations avec Israël, elles « sont  restées tendues depuis 2010 ». Différents médias, comme The Economist, nous annoncent que le gouvernement a acheté un système de défense anti-missile chinois pour se protéger de la Syrie et de l’Iran, et ce, contre l’avis de l’OTAN dont elle est membre.


3 - Des conséquences directes et rapides

Le Wall Street Journal déclare que « les implications de la perte de confiance dans la politique étrangère turque peuvent déjà se faire sentir ». Effectivement nous avons pu constater le manque de visibilité de la Turquie dans différents exemples : « de l’Egypte, du nucléaire iranien, dans le processus israélo-palestinien... » Le quotidien cite un ancien diplomate turc « Au Moyen-Orient, la Turquie est désormais vue comme un pays avec son parti pris ».

Les répercussions économiques ne sont pas anodines, surtout venant d’Irak et du golfe. The International New York Times explique que « désapprouver les monarchies du golfe persique a coupé court aux relations commerciales, affaiblissant l’économie turque ».


4 - Vers un nouveau départ ?

Le Daily News rapporte la position du ministère des affaires étrangères turc : « En tant que démocratie solide et avec une économie dynamique, la Turquie peut mettre en œuvre une diplomatie efficace, donc elle peut devenir naturellement un acteur régional puissant et influent. »

Pour le New York Times, le tournant iranien est venu à un moment propice pour la Turquie. « Les liens économiques entre la Turquie et l’Iran ont été renforcé ». La Turquie aurait intérêt à « servir de pont entre l’Iran et l’occident, ouvrant la porte au monde dont Téhéran a besoin pour sortir de l’isolement ». De plus, « l’Iran a de l’influence sur le gouvernement chiite irakien et l’élite Alawite syrienne », ce dont la Turquie a réellement besoin.

The Economist, plus sceptique, tente d’expliquer ces changements diplomatiques envers l’Irak simplement par « des pressions de la part les businessmen turcs, qui, selon eux, paient le prix des querelles extérieures », et l’ouverture vers l’Iran ne serait que l’incidence de « la propre ouverture d’Obama vers la république islamique ». Dans le même temps, la Turquie ne prend aucune  « mesures sérieuses pour stopper l’afflux de combattants étrangers en Syrie ».

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Henri Ln

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