Le
ministre des affaires étrangères iranien, M. Mohammad Javad Zarif rencontre son
homologue turc M. Ahmet Davutoglu, en Turquie le 4 janvier 2013.
Après l’échec constaté de la politique « zéro problème » et alors que le gouvernement essayait de justifier, l’été dernier, son isolement politique international en le nommant « précieuse solitude », un nouveau départ diplomatique se profile pour la puissance ottomane. Ce carrefour stratégique mondial reste la première puissance économique de la région, loin devant l’Iran et l’Arabie Saoudite mais qui sont pourtant beaucoup plus audibles sur la scène internationale.
1 - La puissance régionale turque
Le
New York Times constate que,
« pendant plus d’une décennie, la Turquie a développé des liens étroits
avec ses voisins arabes », sa réussite économique et la stabilité
démocratique « étaient considérés comme un exemple pour toute la
région ». Elle a impacté économiquement toute la région en « ouvrant
des frontières et des routes commerciales, développant les affaires et
négociant des accords politiques ». Foreign
Affairs estime que «l’année dernière, l’économie turque semblait quasiment
au sommet du monde » et, pendant les dix dernières années, elle a
« fait un long chemin en se propulsant à un rang d’importance
mondiale ».
2 - Du « zéro
problème » au « tout problème »
Selon
le New York Times, « l‘année
dernière, la politique du Moyen-Orient d’Erdogan est partie à la dérive ».
En effet, ses choix l’ont amené à s’écarter de l’Egypte actuel et des saoudiens
en ayant été « un fervent supporter du président déchu, Mohamed
Morsi », de la Syrie car elle « a soutenu agressivement et armé les
rebelles ». Ses relations avec Baghdâd sont aussi concernés car les turcs
« mènent une politique qui met en danger la stabilité du pays » en
accordant une attention toute particulière à la partie kurde du nord du pays (notamment
en signant des accords pétroliers à l’encontre de la capitale et en prônant
l’indépendance de la région). Quant à ses relations avec Israël, elles « sont restées tendues depuis 2010 ».
Différents médias, comme The Economist,
nous annoncent que le gouvernement a acheté un système de défense anti-missile
chinois pour se protéger de la Syrie et de l’Iran, et ce, contre l’avis de
l’OTAN dont elle est membre.
3 - Des conséquences directes et
rapides
Le
Wall Street Journal déclare que
« les implications de la perte de confiance dans la politique étrangère
turque peuvent déjà se faire sentir ». Effectivement nous avons pu
constater le manque de visibilité de la Turquie dans différents exemples :
« de l’Egypte, du nucléaire iranien, dans le processus
israélo-palestinien... » Le quotidien cite un ancien diplomate turc
« Au Moyen-Orient, la Turquie est désormais vue comme un pays avec son
parti pris ».
Les
répercussions économiques ne sont pas anodines, surtout venant d’Irak et du
golfe. The International New York Times
explique que « désapprouver les monarchies du golfe persique a coupé court
aux relations commerciales, affaiblissant l’économie turque ».
4 - Vers un nouveau départ ?
Le
Daily News rapporte la position du
ministère des affaires étrangères turc : « En tant que
démocratie solide et avec une économie dynamique, la Turquie peut mettre en
œuvre une diplomatie efficace, donc elle peut devenir naturellement un acteur
régional puissant et influent. »
Pour
le New York Times, le tournant
iranien est venu à un moment propice pour la Turquie. « Les liens
économiques entre la Turquie et l’Iran ont été renforcé ». La Turquie
aurait intérêt à « servir de pont entre l’Iran et l’occident, ouvrant la
porte au monde dont Téhéran a besoin pour sortir de l’isolement ». De
plus, « l’Iran a de l’influence sur le gouvernement chiite irakien et
l’élite Alawite syrienne », ce dont la Turquie a réellement besoin.
The Economist, plus sceptique, tente d’expliquer ces changements
diplomatiques envers l’Irak simplement par « des pressions de la part les
businessmen turcs, qui, selon eux, paient le prix des querelles
extérieures », et l’ouverture vers l’Iran ne serait que l’incidence de
« la propre ouverture d’Obama vers la république islamique ». Dans le
même temps, la Turquie ne prend aucune
« mesures sérieuses pour stopper l’afflux de combattants étrangers
en Syrie ».
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Henri Ln

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