mardi 18 février 2014

NOTE DE CONJONCTURE : Les marchés émergents divergent



Les économies émergentes font face à un nouveau défi : la fin de la politique monétaire ultra-accommodante de la Fed et la montée des taux d'intérêt américains

La mise en place progressive de la politique de « tapering » par la Fed et la hausse des taux d’intérêt américains ont eu pour effets indirects de révéler l’hétérogénéité grandissante des marchés émergents. Tandis qu’un certain nombre de ces pays reste toujours fortement dépendant des investisseurs étrangers pour financer leur développement, d’autres en revanche, ont réussi à mettre en place de profondes réformes économiques, susceptibles de les protéger des nouvelles orientations monétaires de la banque centrale des Etats-Unis. 

Quels sont les marchés porteurs ? Quels sont les marchés qui souffrent ? Une étude de Capital Economics, une société de recherche en macro-économie basée à Londres, indique qu’il n’est désormais plus possible pour les investisseurs de mettre toutes les économies émergentes dans le même panier et propose ainsi une classification en 5 groupes.

Les économies mal gérées

Ce groupe comprend l’Argentine, l’Ukraine et le Venezuela. Ces pays font face à des crises de change en raison surtout de mauvaises politiques gouvernementales, comme en témoigne la récente dépréciation du peso argentin.  En Ukraine et au Venezuela, les problèmes monétaires se doublent d’une grave crise politique.

Les économies qui vivent au-dessus de leurs moyens

Il s’agit de la Turquie, de l'Afrique du Sud, de la Thaïlande, de l'Indonésie, du Chili et du Pérou. Ces nations ont profité de conditions de crédit peu chères et d’une consommation artificielle, qui a conduit à une forte augmentation des importations. Confrontées au resserrement de la politique monétaire mondiale, ces économies vont avoir plus de mal à financer leurs déficits courants. 

Les économies constituées de banques faibles

Ce groupe se compose d’économies européennes, telles que la Hongrie, la Roumanie et la Bulgarie. Les systèmes bancaires de ces trois pays sont encore fragiles. Les institutions financières continuent dans ce sens à assainir leurs bilans.

Les économies qui concentrent les problèmes structurels internes

Il s’agit des pays des BRICS –Brésil, Russie, Inde, Chine-, à l’exception de l’Afrique du Sud. Ces nations se doivent de réorganiser leur modèle économique. La Chine a besoin de diminuer sa dépendance aux investissements dirigés par l’Etat pour alimenter sa croissance, et s’appuyer davantage sur la consommation intérieure. De son côté, l’Inde a besoin de faciliter les investissements étrangers. Pour la Russie, il s’agit de rendre le climat des affaires plus attractif pour les entrepreneurs. Enfin, le Brésil et la Chine font face à une croissance excessive du crédit.

Les économies prometteuses, où les perspectives s’éclaircissent

Il s’agit de la Corée du Sud, des Philippines, du Mexique, de la Pologne et de la République Tchèque. Certains de ces pays ont pris des mesures pour réformer leurs économies et réduire leurs dettes. La Pologne est devenue l'économie la plus dynamique d'Europe. D’autres, comme la Corée du Sud, et le Mexique, devraient bénéficier d’une reprise de la demande aux Etats-Unis.

Quoi qu’il en soit, et malgré cette hétérogénéité grandissante, Capital Economics estime que la croissance de l’ensemble des marchés émergents devrait être de 4,5% cette année, niveau inchangé par rapport à 2013. 

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Amaury BETS


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