Le "Hug" de François Hollande à Carlos Diaz, l'ex-leader des Pigeons, lors de sa visite en Californie, le 13 février dernier.
Déréglementation du marché du
travail, accord avec le patronat, gel des salaires et des avancements des fonctionnaires,
politique résolument tournée vers l’offre. Toutes ces mesures et orientations,
annoncées ces dernières semaines en France n’ont pas été prises par des « libéraux »
ou par les descendants « diaboliques » de Margaret Thatcher, mais
bien par François Hollande, un président socialiste !
Que faut-il en conclure ?
Faut-il y voir la désintégration définitive des idées
« socialistes » en France et plus généralement dans toute
l’Europe ? Faut-il voir en Monsieur Hollande, un stratège politique hors pair,
capable de ménager la chèvre et le chou comme aucun président avant lui ? A
l’évidence, la mutation, si habile soit-elle, est aussi dictée par des
considérations économiques, des plus préoccupantes.
En épluchant les rapports
alarmistes des économistes, Monsieur Hollande et Jean-Marc Ayrault, son très
discret Premier ministre semblent en effet avoir pris la pleine mesure du désastre national. Les cosmétiques en tous genres -statistiques
biaisées ou manipulation de débats identitaires- destinés à adoucir les effets
du déclin et à détourner l’attention du grand public commencent peu à peu à
s’épuiser. Déflation salariale, chômage
de masse, croissance inexistante, perte d'influence sur la scène internationale, paupérisation accrue, incapacité à créer le
moindre emploi, recours « généralisé » aux contrats précaires sont autant
de réalités qu’il devient impossible de nier.
Sous l’influence de son leader,
qui lors de sa campagne présidentielle se faisait Chevalier de la lutte contre
les « puissances de l’argent », le Parti Socialiste apparaît désormais plus libéral que l’UMP sont grand rival, tétanisé depuis l’échec
retentissant de Nicolas Sarkozy lors de l’élection de 2012. François Hollande,
par une volte-face idéologique inédite dans l’Histoire politique française, est
désormais applaudi par Angela Merkel, ou par David Cameron, grand défenseur du
« libéralisme » à l’anglo-saxonne et ancien adversaire
politique. Après avoir méprisé les entrepreneurs et les innovateurs, Français
Hollande embrasse désormais chaleureusement le leader des
« Pigeons ». Pour autant, le chef de l’exécutif, confronté à une
impopularité record, a eu le mérite de calmer les protestations à l’intérieur
de son propre parti, et plus particulièrement de son aile gauche
« régressiste », incarnée par Arnaud Montebourg, qui s’était
notamment opposé à un rapprochement entre Dailymotion – pépite française- et le
géant américain Yahoo. Pas étonnant dès lors de constater la chute massive des
investissements étrangers dans l’Hexagone, dont les flux ont atteint cette
année un plus bas historique en 30 ans, tout juste supérieurs à ceux du Maroc. A
l’approche des municipales, qui devraient constituer une déroute historique pour
les « socialistes », François Hollande a déjà choisi son camp, celui
de la « social-démocratie », autre astuce habile pour éviter
d’évoquer un authentique virage « libéral » ! Mieux vaut tard que jamais !
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Amaury BETS
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