jeudi 20 février 2014

BILLET : François Hollande, ce génie de la politique !


Le "Hug" de François Hollande à Carlos Diaz, l'ex-leader des Pigeons, lors de sa visite en Californie, le 13 février dernier. 


Déréglementation du marché du travail, accord avec le patronat, gel des salaires et des avancements des fonctionnaires, politique résolument tournée vers l’offre. Toutes ces mesures et orientations, annoncées ces dernières semaines en France n’ont pas été prises par des « libéraux » ou par les descendants « diaboliques » de Margaret Thatcher, mais bien par François Hollande, un président socialiste !

Que faut-il en conclure ? Faut-il y voir la désintégration définitive des idées « socialistes » en France et plus généralement dans toute l’Europe ? Faut-il voir en Monsieur Hollande, un stratège politique hors pair, capable de ménager la chèvre et le chou comme aucun président avant lui ? A l’évidence, la mutation, si habile soit-elle, est aussi dictée par des considérations économiques, des plus préoccupantes.

En épluchant les rapports alarmistes des économistes, Monsieur Hollande et Jean-Marc Ayrault, son très discret Premier ministre semblent en effet avoir pris la pleine mesure du désastre national. Les cosmétiques en tous genres -statistiques biaisées ou manipulation de débats identitaires- destinés à adoucir les effets du déclin et à détourner l’attention du grand public commencent peu à peu à s’épuiser. Déflation salariale, chômage de masse, croissance inexistante, perte d'influence sur la scène internationale, paupérisation accrue, incapacité à créer le moindre emploi, recours « généralisé » aux contrats précaires sont autant de réalités qu’il devient impossible de nier.

Sous l’influence de son leader, qui lors de sa campagne présidentielle se faisait Chevalier de la lutte contre les « puissances de l’argent », le Parti Socialiste apparaît désormais plus libéral que l’UMP sont grand rival, tétanisé depuis l’échec retentissant de Nicolas Sarkozy lors de l’élection de 2012. François Hollande, par une volte-face idéologique inédite dans l’Histoire politique française, est désormais applaudi par Angela Merkel, ou par David Cameron, grand défenseur du « libéralisme » à l’anglo-saxonne et ancien adversaire politique. Après avoir méprisé les entrepreneurs et les innovateurs, Français Hollande embrasse désormais chaleureusement le leader des « Pigeons ». Pour autant, le chef de l’exécutif, confronté à une impopularité record, a eu le mérite de calmer les protestations à l’intérieur de son propre parti, et plus particulièrement de son aile gauche « régressiste », incarnée par Arnaud Montebourg, qui s’était notamment opposé à un rapprochement entre Dailymotion – pépite française- et le géant américain Yahoo. Pas étonnant dès lors de constater la chute massive des investissements étrangers dans l’Hexagone, dont les flux ont atteint cette année un plus bas historique en 30 ans, tout juste supérieurs à ceux du Maroc. A l’approche des municipales, qui devraient constituer une déroute historique pour les « socialistes », François Hollande a déjà choisi son camp, celui de la « social-démocratie », autre astuce habile pour éviter d’évoquer un authentique virage « libéral » ! Mieux vaut tard que jamais ! 

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Amaury BETS

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