Enfermé dans ses gadgets
technologiques, asphyxié d'algorithmes, le monde 'moderne' ne serait-il pas
doucement, -et sans s'en rendre véritablement compte-en train de replonger dans
l'archaïsme de conflits d'une 'autre époque' ?
Les événements qui secouent
actuellement la planète prennent la forme d'un étrange retour vers un lointain
passé, traumatique et sanglant. Au moment où nos cerveaux semblent obnubilés
par la force des écrans à cristaux liquides, les exemples abondent sur la
résurgence des conflits identitaires. Pour qui fait l'effort de s'y intéresser,
la guerre larvée que se livre sunnites et chiites au Moyen-Orient -2
confessions de l'Islam- prend de plus en plus des allures de Saint-Barthélemy à
dimension régionale. A Paris, ce jour-là, cinq siècles plus tôt, les
protestants y avaient été sauvagement liquidés par les catholiques. En Afrique,
le déferlement des violences religieuses remplace aujourd'hui les conflits
ethniques, de plus petite échelle, entre tribus rivales. En Centrafrique, les
milices chrétiennes se livreraient à un nettoyage ethnique à l'encontre des
musulmans, chassés du pouvoir et responsables d'exactions pendant leur bref
règne de 10 mois. À cette boucherie, Boko Haram, groupe islamiste nigérian, en
signe de "solidarité" avec les musulmans centrafricains exterminés,
aurait décidé de se venger et de mener une guerre totale à l'encontre des
chrétiens du Nigéria. Déclarations malheureusement transformées en actes ce
weekend-end avec le massacre de plus de 120 chrétiens dans un village au nord
du pays. Et cette violence, loin d'être isolée, semble inexorablement se
propager, alimentée - volontairement ou non- par les interférences de
puissances étrangères et de leurs intérêts –avant tout- énergétiques.
Nouvellement formé, le prometteur Sud Soudan se déchire déjà, et les violences
religieuses semblent être le catalyseur des tumultes. Au Mali et dans la région
du Sahel, les groupes islamistes inspirés des fanatiques d'Al Qaïda jurent
d'exterminer les traîtres impies, autre appellation pour désigner les juifs et
les chrétiens.
Cette vague de tensions
identitaires atteint aussi les tranquilles rivages de l'Occident. Les pays
européens, dont le tissu social ne cesse de de distendre, sont incapables de
juguler la radicalisation d'une frange de
la société. Le départ de citoyens "ordinaires' vers la Syrie,
transfigurés du jour au lendemain en "terroristes" sanguinaires
n'interpelle la société civil que dans un mélange de dédain, d'incompréhension
et d'indifférence. À cela s'ajoute, le grand retour de la théorie du complot
sioniste, ou autrement dit du juif cherchant à dominer le monde. Théorie qui a
été, faut-il le rappeler, au cœur de la propagande de l'Allemagne nazie, et des
ravages que l'on sait.
Il est trop tôt pour être
définitif sur la nature des conflits de demain. La répression de Kiev est venue
rappeler que les luttes idéologiques n'étaient pas mortes avec la
désintégration de l'URSS, et la disparition des blocs antagonistes. Pour autant
les oppositions culturelles, identitaires, intra religieuses et
inter-religieuses semblent véritablement façonner ce début de XXIème siècle. Ce
nouveau siècle qui devait être le siècle de la "non-violence" ou même
de la "fin de l'Histoire" cristallise désormais toutes les tensions à
l’intérieur même de notre très conservatrice société. Ce début de XXIème siècle
qui s'était ouvert sur les attentats du "11 Septembre", semble aussi
donner raison aux thèses et à la prophétie de Samuel Huntington, contenues dans
son fameux livre le 'choc des civilisations' et définies en ces termes :
"les lignes de fracture entre civilisations seront les lignes de front des
batailles du futur". Alors que les braises ne cessent d'être attisées,
rares sont ceux, à l'évidence, à avoir pris la pleine mesure de la dangerosité
d'une telle menace.
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Amaury BETS
Tout va bien la solution au probleme est deja trouvee :-)
RépondreSupprimerhttp://www.youtube.com/watch?v=bXQHBbVpHoM