samedi 1 février 2014

ÉCONOMIE : Les étrangers n'investissent plus en France !



François Hollande n'a pas tenu sa promesse d'inverser la courbe du chômage avant la fin de l'année.


C’est une nouvelle statistique qui devrait alerter sur la dégradation à rythme accéléré de l’économie française, et pourtant il n’en est rien, -du moins dans l’Hexagone, plus que jamais replié sur lui-même. En baissant de 77% entre 2012 et 2013, à moins de 6 milliards de dollars, les investissements étrangers en France ont atteint un plus bas historique en 27 ans. Des chiffres qui s'expliquent par la fermeture en 2013 de 263 sites industriels. A titre de comparaison, c’est dix fois moins qu’au Royaume-Uni, où ce sont 53 milliards de dollars qui ont été collectés sur la même période ! Autre exemple en Europe : l’Allemagne (+392% à 32,3 milliards de dollars) et l’Espagne (+37% à 37 milliards de dollars) ont connu un rebond spectaculaire des investissements étrangers l’an passé. Pour le Daily Mail, c’est une nouvelle « gifle » pour le président français.

Des statistiques qui dans tout autre pays « normal » mettraient la puce à l’oreille quant à la nécessité de réforme d’envergure, -et d’une révision profonde du modèle économique-, passent  comme une lettre à la poste dans l’Hexagone, voire plus effrayant encore ne suscitent ni commentaire, ni  réaction. A lire les grands quotidiens « parisianistes » et « conservateurs », ou à écouter les grandes chaînes d’informations nationales, les priorités sont ailleurs. Oui, les turpitudes conjugales du Président Hollande sont -sans doute- plus vendeuses.

Pour avoir une information de qualité sur la situation économique désastreuse de la deuxième puissance politique européenne, il faut se replier sur la presse étrangère, et ouvrir les pages du Financial Times ou du Wall Street Journal, ou écouter les avertissements répétés des agences de notation, du FMI, voire même de l’ONU –qui a reporté la chute vertigineuse des investissements étrangers en France- . Ce reflux massif intervient au moment où le taux de chômage vient de battre un nouveau record. Mais où s’arrêtera donc le « déni » français ?


Le nombre de demandeurs d’emplois explose en France au point de devenir une « exception » en Europe ! 

C’était la grande promesse de Monsieur Hollande. Inverser la courbe du chômage en fin d’année. Pari perdu, et lamentablement. Loin de s’inverser, la courbe a continué son « irrésistible » ascension, au point d’établir un nouveau record fin décembre. Et les statistiques donnent le tournis. Seul pays européen à voir son taux de chômage progresser (à plus de 11%), la France comptabilise désormais 3,3 millions de demandeurs d’emplois de catégorie A. Plus grave, si l’on regroupe les 5 catégories de l’INSEE (allant de A à E), le taux de chômage s’établit au-dessus de la barre des 20% ! De quoi laisser perplexe et  se demander si la France ne deviendra pas, au cours des prochaines années, le nouveau « malade » de l’Europe, surtout au moment où l’Espagne et l’Italie montrent des premiers signes de reprise.

Face à ce nouveau camouflet –le dernier d’une longue liste-, le président français, qui nous a habitué à des pitreries, peut-être rafraichissantes en temps normal, mais plus que déplacées dans une période de crise grave, a effectué - porté par l’ « apathie » collective- un rétropédalage politique aussi « historique » qu’hypocrite de la part d’un socialiste inflexible, transfiguré d’un coup de baguette magique en un libéral « décomplexé ». Après avoir perfusé l'économie française d'emplois aidés, Monsieur Hollande s'est trouvé un autre cheval de bataille : le pacte de responsabilité, basé sur une politique de l'offre. Un virage inédit pour la très traditionnelle gauche française, que n'avait même pas osé entreprendre l'UMP, le parti d'opposition, totalement déstabilisé après l'annonce. 


« Social-démocrate » ou « social-libéral » ? 

Présentant en grande pompe à l’occasion de sa conférence de presse annuelle, les détails de son « Pacte » -comprenant une réduction de 30 milliards d’euros de charges pour les entreprises-, censé redresser une économie incapable de créer le moindre emploi, le Président Hollande a signé une alliance « contre-nature » avec le patronat, et le monde de « l’entreprise », les grands méchants loups d’autrefois, les « capitalistes », devenus alliés de circonstance dans un contexte dégradé. Faut-il rappeler que c’est le même Homme, qui deux ans plus tôt, lors de son discours « fondateur » du Bourget, en tant que candidat du parti socialiste à la Présidentielle, haranguait la foule, dénonçant le monde de la finance, et les « puissances de l’argent» ? « Mon véritable adversaire n'a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, et pourtant il gouverne (...), c'est le monde de la finance », avait-il déclaré. En optant pour une politique de l'offre, Monsieur Hollande cède enfin aux sirènes du 'libéralisme'. Toutes belles paroles se heurtent au mur des évidences, et des réalités. 

Malgré l’urgence de la situation, et les vertus supposées de ce nouveau dispositif -qui pourrait créer 1,8 million d’emplois sur 5 ans selon les estimations du Président-, le pacte de responsabilité, n’entrera en vigueur qu’en 2015, et ne commencera à porter ses fruits qu’à l’horizon 2016. Autrement dit, après 18 mois sacrifiés sur l’autel de l’idéologie « socialiste » moraliste, faut-il s’attendre à 24 prochains mois d’inertie supplémentaire et d’appauvrissement ?

Au lieu de s’intéresser aux raisons de cette mise en œuvre tardive –réticences d’une gauche allergique au libéralisme et des partenaires sociaux acariâtres-, les éditorialistes préfèrent en tout état de cause, débattre de sémantique, et jouer la carte de l’« intellectualisme » à la française. La seule question sur leur bouche : le Président a-t-il accompli un virage « social-démocrate » ou « social-libéral » ? Mais la vraie question, toute simple : « Où sera la France dans deux ans », est esquivée, systématiquement. Trouvons refuge dans le « French-bashing » ambiant. Le modèle français marche encore et les autres ont tort. Continuons à ne pas voir les avertissements du monde extérieur. Continuons à ne pas voir les chiffres qui fâchent. Continuons le "French denial". C’est sans doute plus simple. Le changement n’est décidément pas pour maintenant. .


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Amaury BETS

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