mardi 1 avril 2014

REVUE DE PRESSE ANGLO-SAXONNE : "L'AUDACE INHABITUELLE DE HOLLANDE"


Manuel Valls, 51 ans, est le nouveau chef du gouvernement français. 


La presse anglo-saxonne revient sur la nomination surprise de Manuel Valls au poste de Premier ministre en France. Elle met en avant le profil atypique du nouveau chef du gouvernement français, tout comme elle s’étonne du choix effectué par le Président Hollande, quelques heures après la déroute historique de son parti aux municipales.

Un choix risqué
"Ecrasé par la défaite aux élections locales, le Président Hollande a réagi hier soir avec une audace inhabituelle, en débarquant Jean Marc Ayrault, et en le remplaçant par Manuel Valls, l’ambitieux ministre de l’intérieur de centre-gauche", écrit The Economist. Outre le fait qu’il risque de faire de l’ombre au Président Hollande, le choix de Manuel Valls est un véritable pari pour le chef de l’Etat, et ce pour plusieurs raisons. "Ce choix est potentiellement risqué puisqu’il devrait encourager la réforme économique en France", explique ironiquement The Economist. « Monsieur Valls est populaire dans le pays, mais pas tellement dans son propre parti, où il est considéré avec suspicion par beaucoup à gauche", résume The Telegraph, qui s’inquiète d’un effritement de la majorité présidentielle. "Monsieur Valls a déjà appelé à abandonner le mot ‘socialiste’ pour moderniser son parti", avance encore The Economist, en référence au PS.

Valls : un profil atypique
"Manuel Valls, 51 ans, est né à Barcelone en Espagne. Il est le fils d’un peintre catalan et d’une mère suisse italienne. Il a rejoint le Parti socialiste à 17 ans et a pris la nationalité française trois ans plus tard. Il parle quatre langues et a quatre enfants de sa première femme. En 2010, il épouse la violoniste Anne Gravoin", relate le Guardian. Outre ses origines, Manuel Valls se distingue aussi par son parcours politique. "Comme Nicolas Sarkozy, il n’est pas un pur produit de l’élite française, et n’a jamais fréquenté l’Ecole Nationale d’Administration, qui a produit tant de premiers ministres et de présidents français, parmi eux François Hollande", poursuit le Guardian

Valls : l’Homme de la situation ?
"Monsieur Valls n’a pas d’expérience de l’exécution de la politique économique. Il a été maire de la banlieue multiculturelle d’Evry. Il est connu pour sa ligne dure en matière de sécurité et d’immigration. Pourtant il s’est taillé une réputation de ‘social libéral’ qui dans le lexique socialiste signifie du centre-gauche", note the Economist. "Bien qu’il possède une expérience limitée du gouvernement, Manuel Valls est l’homme de la situation, avec une autorité naturelle pour diriger une équipe dans une période difficile et mettre en œuvre rapidement des réformes structurelles ainsi que des réductions de dépenses", explique Dominique Barbet, économiste chez BNP Paribas SA, dans des propos repris par le site d'information économique et financière Bloomberg. "Monsieur Valls était contre la semaine des 35 heures -défendue par Madame Aubry-. Lors de la primaire socialiste pour l’élection présidentielle de 2012, il s’est opposé à la réintégration de la retraite à 60 ans, tout comme à la création de centaines de milliers d’emplois aidés pour les jeunes –promesses de monsieur Hollande-", détaille le Blog du Financial Times.

Valls : un Blair à la française ?

L’arrivée de Manuel Valls à Matignon est-elle aussi en train de faire bouger les lignes de l’échiquier politique français ? La presse anglo-saxonne se risque, déjà, à quelques comparaisons. "A la droite du PS, il est un défenseur de la démocratie sociale dans le style de l’Allemagne et de la Scandinavie. Dans le passé, il s’est lui-même décrit comme un « Blairiste » -après Tony Blair- et un « Clintonien » -après Bill Clinton- et parle de ‘réalisme économique’ et de ‘responsabilité individuelle’", note le Guardian. "En France, Valls est le plus proche d’un Tony Blair", a déclaré Denis MacShane, ancien ministre des Affaires européennes du Royaume-Uni, et ami de Manuel Valls, interrogé par le Guardian. "Il viendra sous la pression de la gauche, mais elle n’a pas de réponse aux problèmes de la France. C’est soit ‘agir’ ou ‘mourir’ pour Hollande. Le départ des Verts va permettre à la France de repenser sa politique énergétique et de se débarrasser d’une partie de son protectionnisme interne qui ralentit la croissance", explique-t-il encore, tout en concluant : "Valls est un dirigeant dur, intelligent".


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Amaury BETS

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